COMPTES-RENDUS

Marathon duo, Mont-Saint-Michel

3 juin 2018

Si vous avez lu mon article #MonMoisSportif du mois de mai (retrouvez-le ici), vous n’êtes pas sans savoir que le week-end dernier j’étais au Mont-St-Michel pour participer à l’événement Run In Mont Saint Michel. Le 22 octobre dernier, je prenais le départ du marathon-duo de Clermont-Ferrand accompagnée de mon amie Tiffany (retrouvez mon compte-rendu par ). Une expérience pleine d’émotions et de partage… Un peu plus de 7 mois plus tard, nous venons de réitérer l’expérience au Mont-St-Michel.
.

Le Marathon du Mont-St-Michel 2018.

Cette année, le marathon de la baie du Mont-St-Michel fêtait sa 21ème édition. Ce marathon est classé parmis les 50 plus beaux marathons du monde, de par son parcours le long de la côte normande. Un événement qui attire français et étrangers. Répartis sur le week-end, quatre formats de course sont proposés. Le samedi a lieu le trail d’archange de 55km et le semi-marathon d’Avranches ; 600 et 2 200 coureurs y ont respectivement participé. Le dimanche, a lieu le marathon et le marathon-duo, ces deux épreuves qui ont eu lieu simultanément ont attiré plus de 4 500 sportifs.

.

Etat des lieux.

On ne change pas ses habitudes, une fois de plus, je n’étais pas préparée. Seulement 6 petites sorties le mois précédent ce 27 mai et pas une seule fois une distance supérieure à 10 kilomètres. Pas de douleurs ou de mauvaises sensations pour autant. Juste moins de motivation à aller courir (je vous en parle dans mon dernier #MonMoisSportif juste ici). Moins de motivation à aller courir seule, mais la motivation et l’excitation de vivre cette course et cet événement était bel et bien là ! Avec mon amie Tiffany, nous attendions ce week-end du 26 et 27 mai 2018 avec impatience depuis fin novembre 2017.
.

J-2 et J-1.

Tellement impatiente que le vendredi soir en sortant du bureau, je saute dans un co-voiturage en direction de la Bretagne (ou de la Normandie, chacun choisira son clan, aha). Nous étions 5 parisiennes, 5 happy runneuses parmis les 30 happy runneurs attendus sur l’événement. Alors qu’elles avaient réservé un logement AirBnb à Pontorson, je logeais dans un autre Airbnb, à Cancale avec Tiffany qui m’y attendait depuis le milieu de l’après-midi. Après avoir survécu aux embouteillages parisiens du vendredi soir et à plusieurs grosses averses orageuses, j’ai finalement retrouvé Tiffany vers 23h30. Bien que la fatigue était là, les retrouvailles ont forcément pris le dessus. Nous nous étions pas vu depuis le semi-marathon de Nantes, alors forcément nous en avions des choses à se raconter.
Après une nuit courte, mais réparatrice, nous sommes parties découvrir Cancale avant de retrouver d’autres happy runneurs dans une crêperie sur le port de Cancale. Je rêvais d’une vraie galette bretonne et j’ai été servie et satisfaite, je me suis régalée. Nous sommes allés chez Breizh Café, et je vous le recommande d’ailleurs ! Bien que nous avions déjà reçu nos dossards par courrier, nous avons rejoint d’autres happy runneurs au retrait des dossards. Quel plaisir de rencontrer d’autres coureurs et coureuses de la team, que l’on connaît bien souvent que via les réseaux sociaux.
Pour dîner, notre rituel assiette composée pâtes sans gluten, maïs, courgettes cuites et thon au naturel. Une assiette pauvre en fibres que Tiffany cuisine systématiquement en veille de course et que j’ai pris moi aussi l’habitude de cuisiner. Nous nous sommes donc couchées vers 22h45, pour bénéficier de 7 heures de sommeil. En se couchant, nous avons abordé le sujet de nos parties respectives. Aucune de nous n’avait l’ambition d’aller faire un RP, d’ailleurs aucune de nous n’était entraînée pour. D’ailleurs si j’apprends que je voulais battre mon record, je devais adopter une allure de 5’28”/km, autant vous dire que j’en étais incapable. Nous évoquons tout de même l’objectif de finir toutes les deux en moins de 2h00.

.

JJ, mon compte-rendu.
Mon semi-marathon.

Mon réveil a sonné à 5h45, j’ai filé sous la douche. J’ai fini par un jet d’eau froide sur les jambes, histoire de les réveiller un petit peu, étant donné que cette fois-ci c’était moi qui prenais le départ. A 6h30, nous passons à table. Au menu du petit déjeuner : 2 parts de banana bread, 2 oeufs brouillés, 1 poignée d’oléagineux, 1 banane et 1 infusion. C’est les ventres bien remplis que nous sommes parties à pieds en direction du lieu de départ. Nous nous étions donné rendez-vous à 7h30, entre happy runneurs, histoire de faire une photo de “famille” et de nous retrouver tous ensemble avant que les duo ne se séparent. 8h15, Tiffany me fait un dernier bisou avant que j’entre dans l’espace dédié au départ. Je file vers la file d’attente des toilettes, je n’avais pas spécialement envie, mais tous les coureurs connaissent cette envie psychologique, hein. Je me dirige ensuite vers mon SAS de départ. Tiffany a eu l’ambition de nous prendre le SAS de 3h30 lors de l’inscription. Comme je le disais plus haut, ni l’une, ni l’autre avait l’intention de courir son semi en 1h45, mais débuter dans ce SAS me permettait de prendre un départ tranquillement sans être trop bousculée.

KM1 et KM2 : Je pensais être seule dans mon SAS, beaucoup de binômes du Happy Running Crew ayant pris le SAS 4h00, mais finalement non, Benjamin, un happy runneur de la team parisienne était là lui aussi. Nous ne nous connaissions pas, mais nous prenons finalement le départ tous les deux. Il devait prendre le départ du marathon-duo, mais s’est finalement décidé à la dernière minute de tenter le marathon en entier. Son binôme étant blessé, il a avait donc 2 dossards pour courir cette distance mythique. N’étant pas entraîné, il voulait faire le premier semi « tranquillement » et improviser pour la suite. Le parcours est réputé pour être plat, seule une côte, longue d’un peu plus d’un kilomètre nous attendait dès le départ. Nous partons donc sur une allure de 5’30”/km pour ne pas se « cramer » dès le départ.
KM3 à KM7 : La côte étant passée, psychologiquement je me dis que ce qui est fait n’est plus à faire. Puisque nous sommes dans le SAS 3h30, les coureurs autour de nous adoptent forcément une allure supérieure à la mienne. Alors que nous passons le KM3 en 5’04”/km, je dis à Benjamin que je ralentis parce que je ne pourrais pas tenir cette allure sur le semi. Il ralentit avec moi et passons à une allure de 5’19”/km au KM4, c’est mieux, mais encore trop rapide pour moi, je le sais et pourtant… Arrivés au 5ème, le premier ravitaillement nous attendait. Il faisait déjà chaud et moi qui suis sujette aux maux de tête post-course, je décide de prendre une bouteille d’eau. Puis, nous repartons de plus belle à 5’05” et 5’09”/km au KM5 et KM6. Je suis emportée par la foule, par les encouragements des habitants de petits villages. Des fanfares et des chants qui me font clairement penser aux chants irlandais et à mon semestre ERASMUS en Irlande-du-Nord de janvier à juin 2017. Sur le moment je me sens bien, mais je sais que je ne tiendrais pas 21 kilomètres comme ça.
KM7 à KM13 : Je finis par me raisonner une fois pour toutes et décide de ralentir. Je préviens Benjamin, je lui dis que je ne tiendrai pas, que je dois ralentir. Je me sens bien, mais je ne suis pas entraînée, je veux tenter de me challenger, mais je veux arriver au bout, je lui dis alors que je vais ralentir pour adopter l’allure dont me parlait Tiffany la veille 5’28”/km. Je lui dit qu’il peut partir devant s’il le veut, mais il décide de rester avec moi et de m’accompagner jusqu’au bout. Alors que c’est lui qui s’apprête à courir un marathon, c’est aussi lui qui joue le rôle de lièvre et de coach. Il me tient mon ravitaillement, me tire et m’encourage à chaque difficulté. Nous adoptons donc une allure d’en moyenne 5’27”/km du KM7 au KM13.
KM13 à KM16 : Ce qui devait arriver arriva, les jambes ne suivent plus. Et je ne peux pas leur en vouloir, je ne m’étais pas préparée en conséquence. Je commence à serrer les dents, je dis à Benjamin que bien l’envie soit là, je ne tiendrai pas le rythme jusqu’au bout. Je m’excuse de ralentir et de le ralentir, mais il continue de m’encourager et me dit qu’on ralentit un peu, qu’un coup de boost reviendra vers le 15ème kilomètre. Il passe devant et je le suis, je m’accroche à son allure pour ne rien lâcher. Dans ma tête, je m’autorise à ralentir, en me fixant comme limite de ne jamais passer au-dessus de la barre de 5’50”/km. Dans la réalité je m’en serais moqué, mais là au vue du début de ma course, j’avais l’impression de m’être engagée, je n’avais pas le droit de lâcher. Et puis je savais au fond de moi que je m’en serais voulu si ça avait été le cas. Je passe donc de 5’27”/km à 5’39”/KM et je suis Benjamin tant bien que mal.
KM16 à KM19 : Nous continuons à longer la côte, le soleil est toujours au rendez-vous, peut-être un peu trop au vu du parcours. Je commence à subir la chaleur. Sur la fin du KM15, le parcours nous fait contourner un hangar. Alors que j’espérais avoir un second souffle à ce moment de la course, ce petit détour me coupe les jambes. Je n’avance plus et je ralentis à vu d’œil : 5’45”/km au KM16, 5’50”/km au KM17. C’était la limite que je m’étais fixée, c’est dur de la voir s’afficher sur la montre, j’essaie de m’accrocher, mais les jambes ne suivent pas, je passe à 6’04”/km au KM18, puis 6’05”/km.
KM19 à l‘arrivée : Benjamin est toujours là, il m’encourage, me dit qu’on arrive au bout. À la fin du 19ème kilomètre, j’ai l’impression que mes jambes retrouvent un petit peu d’énergie. J’en profite, d’autant plus que la fin est proche, c’est le moment de tout donner. Je préviens Benjamin de ce second souffle, il se charge donc d’accélérer la cadence petit à petit. Nous passons le KM20 en 5’47”/km et continuons à allonger nos foulées jusqu’à franchir l’arche d’arrivée, notamment grâce aux encouragements des spectateurs et autres coureurs.
.

L’arrivée du semi.

Alors que nous franchissons les derniers mètres, je pense à mon relai, je n’ai aucune idée de comment retrouver Tiffany parmis tous ces autres relayeurs. Finalement, j’apprends que lorsque je franchis l’arche d’arrivée, un organisateur nomme mon numéro de dossard au micro, pour en informer Tiffany. Je n’avais même pas mémoriser mon numéro de dossard, mais je me rassure en me disant que Tiffany l’avait sans doute fait puisque c’était elle qui prenait le relai. Une fois la ligne d’arrivée franchie, je remercie au moins cinq fois Benjamin pour son soutien sans faille et l’encourage pour la suite de sa course. Parce que oui, au vue de ses sensations sur le premier semi, il avait décidé de continuer.
.

Un passage de relai qui ne se déroule pas comme prévu.

Simultanément, je me mets à chercher Tiffany. Je vois des box numérotés sur le côté droit, mais je suis focalisée à chercher Tiffany et ses bouclettes pour lui passer le relai. Je ne trouve pas, encore dans l’euphorie et l’excitation, je me mets à paniquer. Je me dis qu’elle est bloquée sur la route, dans les bouchons, entre Cancale et Cherrueix. On me dit qu’elle se trouve dans le box n°4 car mon dossard fini par le chiffre 4. Mais pas de Tiffany à l’horizon dans le box 4. Louise, une autre happy runneuse, commence à voir mon inquiétude et appelle Tiffany. Finalement, Tiffany est déjà sur le parcours. Elle l’attendait à l’annonce de mon numéro de dossard, mais ne me voyant pas arriver, elle avait décidé de partir. Je reprends enfin mes esprits, bien que je sois déçue de ne pas l’avoir vu après ma course et avant la sienne, je suis rassurée de savoir qu’elle a bien pris le relai. Je me dirige donc vers l’espace des récompenses/ravitaillements.
.

L’arrivée finale.

Après avoir été un petit peu ralenti dans les embouteillages, me voilà arrivée au Mont-Saint-Michel. Celui que je voyais au loin depuis le 10ème kilomètre, le voilà en face de moi. Et à ce moment là, je pense à tous ces marathoniens qui sont en train de venir à bout de cette distance, devant ce lieu mythique, mais surtout sous cette chaleur quasi insoutenable. Je me dirige vers la ligne d’arrivée et envoie un message à Julie (qui était sur le même relais que moi) pour lui demander où est-ce qu’elle se trouve. Elle me répond qu’elle est posée à 1 kilomètre de l’arrivée, pour encourager les finishers. Je lui demande donc de me prévenir lorsqu’elle voit Tiffany passer. Une fois le SMS reçu, j’hésite, alors qu’il y a des barrières sur les derniers mètres de la course, je veux tout de même accompagner Tiffany sur la fin. C’est un marathon duo après tout, nous avons parcouru la distance à deux, il était normal pour moi que l’on finisse à deux. D’autant plus que nous nous étions ratées lors du relais. Je passe donc la barrière, j’entends des organisateurs siffler, mais je continue d’avancer à la recherche de Tiffany, je finis par la voir au loin. Je l’encourage, elle lève la tête et j’aperçois son sourire. Je lui tends la main, elle l’attrape et nous voilà parties franchir cette lignée d’arrivée, à deux, avec le sourire jusqu’aux oreilles (j’écris ces quelques lignes quelques jours plus tard, et j’ai toujours ce sourire aux lèvre en repensant à cet instant).

D’après les résultats officiels, nous finissons notre marathon en duo en 4’08’30 ». Pour ma part, je franchis finalement la ligne du relais en 1h53’03” (pour une distance de 20,38km). Etant donné que je n’ai pas parcouru un semi complet (21,1km), je n’ai pas de temps officiel sur semi, donc aucune idée de savoir si j’ai battu mon RP (je ne crois). Et puis en soit, je m’en fiche. Parce que pour être honnête, je suis très exigeante avec moi-même, rarement fière de moi, mais je dois dire que je suis fière de moi et de ma course et de mon allure. à 5’33”/km de moyenne. Même si ça a été dur sur la fin, je n’ai rien lâché (en grande partie grâce à Benjamin, c’est certain). Au delà de ma course à moi, je suis heureuse d’avoir partagé à nouveau cette distance aux côtés de mon amie Tiffany. Ce n’était pas notre première expérience, mais ce ne sera pas la dernière non plus.

C’était ma troisième course officielle de l’année, après le semi-marathon d’Orvault (compte-rendu par ici) et celui de Nantes (compte-rendu par ). La prochaine sera dans 15 jours, à Versailles, puisque je participe à la Course Royale de 15km, toujours accompagnée de Tiffany et d’autres happy runneurs.
.

A très vite,

cropped-new_identite3.jpgInstagram | Facebook

2
  • Reply
    marie
    7 juin 2018 at 19 h 11 min

    Génial ce compte rendu! Je cours l’aneto Trail dans les pyrenees dans un mois, et je ne suis pas sortie courir depuis un an… il me reste 4 semaines pour m’y remettre, du grand n’importe quoi, mais bon, ton article me motive! je fais beaucoup de sport à coté, donc ça devrait le faire, et c’est que 10 KM…

    • Reply
      Marie Eppe
      9 juin 2018 at 17 h 15 min

      Bonjour Marie,
      Merci beaucoup, je suis ravie qu’il t’ait plu !
      Si tu fais d’autres sport, il n’y a pas de raison que tu n’y arrives pas. Le principal c’est de t’écouter, alors même si tu marches, même si tu mets 2 heures, ce n’est pas ça qui compte. Le tout c’est d’arriver au bout en ayant profiter de chaque instant (surtout en trail où les paysages sont souvent incroyable, notamment dans les Pyrénées). Je te souhaite une bonne course.
      A bientôt,

  • Reply
    Course Royale, Versailles
    25 juin 2018 at 8 h 42 min

    […] J’ai repris du plaisir lors du marathon-duo de la Baie du Mont-Saint-Michel (mon compte-rendu par là), puis lors d’une sortie entre amies dans le bois de Vincennes. Et puis le récent réveil de mon […]

Leave a Reply