CONSOMM'ACTION

Comment je m’y prends pour adopter une garde-robe éthique ?

17 juin 2018

Il y a un mois, je vous parlais pour la première fois de mode éthique sur le blog. Autant la mode en soi ne m’a jamais intéressée, je n’ai jamais eu un magazine entre les mains pour tout vous dire. Par contre la mode éthique est un sujet qui me parle et auquel je m’intéresse. Je vous avais donc publié un article « Pourquoi j’ai décidé de dire stop à la surconsommation de l’industrie de la mode ? » dans lequel je vous parlais de MON DECLIC, celui qui m’a fait adopter un comportement actif plutôt que passif (retrouvez cet article ici).
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La mode éthique, qu’est-ce-que c’est ?

La « mode éthique » est un terme utilisé pour décrire une mode consciente. Que ce soit les fabricants ou les consommateurs, chacun a conscience des critères sociaux, environnementaux et économiques mis en jeu dans la conception d’un vêtement et de sa façon de le consommer. La mode éthique est souvent utilisée pour parler de mode responsable, une mode qui se veut écologique, recyclée, durable et/ou locale.

J’entends souvent dire « la mode éthique c’est cher et rarement accessible ». A cette phrase, j’ai envie de répondre « est-ce normal que le prix d’un T-shirt équivaut au prix d’un sandwich ou d’une salade ? ». Je ne sais pas vous, mais personnellement je ne trouve pas cela normal. Et puis surtout, consommer éthique ou responsable ne signifie pas uniquement acheter une petite blouse à 200€ dans une petite boutique éthique indépendante. Même si cela fait un moment maintenant que j’ai privilégié d’acheter moins mais mieux, ce n’est pas pour autant que j’ai les moyens pour le faire. Cependant, à mon échelle et avec mon budget, j’opte pour une penderie responsable et je vais vous partager les différentes astuces que j’ai adopté.
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J’adopte une garde-robe éthique en 4 phases.
Premièrement : acheter de seconde main.

Consommer responsable et éthique ne veut pas systématiquement dire vêtement fabriqué à partir de matières écologiques et/ou certifiées. Dire stop à la surconsommation passe aussi par la valorisation de produits déjà existants. Comme je le disais dans mon précédent article, la moitié des vêtements fabriqués ne sont jamais portés. Que ce soit les vêtements portés ou ceux jamais portés, très peu sont recyclés. Pourtant, recycler en achetant des vêtements d’occasion est la manière la plus économique et simple de consommer responsable. Les friperies, dépôt-ventes, vide-dressing, vide-dressing en ligne (comme Vinted, que je vous présentais il y a quelques mois dans cet article), les boutiques et e-boutiques de location, … Bref, il existe une multitude de solutions pour trouver son bonheur et donner seconde vie à un vêtement.

Le système de surconsommation régnant actuellement dans le monde de la mode et de la fast fashion pousse les gens à acheter plus et se lasser plus rapidement. Il est rare de se débarrasser d’un vêtement parce qu’il est totalement hors d’usage, c’est plus souvent parce qu’il ne plaît plus. Comme la vie est bien faite, nous sommes tous différents. Par conséquent, les vêtements qui ne plaisent plus à certains, peuvent plaire à d’autres. Alors pensons à la seconde main, aussi bien pour en profiter que pour en faire profiter autrui.
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Deuxièmement : acheter des vêtements aux matières plus écologiques, mais pas toujours fabriquées de manière éthique.

Ce n’est sans doute pas la meilleure façon de consommer responsable ou éthique, cependant cela reste une manière plutôt accessible de le faire. Dans cette catégorie, je pense aux grandes marques qui se lancent dans des gammes un petit peu plus éthiques, écologiques et/ou responsables. Monoprix® avec sa gamme Monop’ Bio® (coton biologique labellisé bioRe®) H&M® et sa gamme Conscious®, Bonobo Jeans® et sa gamme Instinct® (30% de fibres recyclées : coton issu de jeans recyclés et polyester recyclé à partir de bouteilles plastiques).

Alors certes, cette solution n’est pas la plus éthique, ni la plus transparente, je ne pense pas que ce soit une alternative à bannir ou boycotter. Oui, comme pour les cosmétiques, certaines grandes marques savent user de leurs pouvoirs de communication et de marketing pour faire croire aux consommateurs que les produits/vêtements sont “green” ou “éthiques” alors que ce n’est pas (totalement) le cas. Cependant, n’oublions pas que personne n’est pas parfait et que même si cette alternative est très souvent imparfaite, elle a le mérite d’exister. Pour moi, l’existence et la croissance du nombre de ces gammes signifie que les choses sont en train de changer, les mentalités en train d’évoluer. Selon moi, c’est une alternative à ne pas négliger, permettant à ceux qui n’ont pas les moyens de se trouver vers une mode plus éthique et responsable, de faire leur part. Ce n’est que mon avis, je sais que ce sujet est assez controversé, je serais donc ravie d’avoir vôtre sur la question.
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Troisièmement : acheter des vêtements aux matières écologiques fabriqués de manière éthique.

Comme je viens de le dire, les gammes un petit peu plus éthiques de grandes marques de la fast-fashion ne sont pas la meilleure solution pour se tourner vers une consommation plus raisonnée et responsable. Acheter des vêtements chez des marques plus petites, mais bien plus engagées est pour moi bien plus éthique. Déjà parce que les personnes qui se cachent derrière ces vêtements sont la plupart du temps très engagés. Leur engagement et leur passion se ressent à la fois dans leurs collections, mais également dans leur discours et leur manière de communiquer. Certains décident de se tourner vers des certifications ou des labels, qui sont pour eux gage de qualité. D’autres préfèrent investir dans d’autres secteurs de leur activités et être en avant leur engagement à travers d’autres domaines comme celui de la transparence par exemple.

Utiliser des tissus dont les fibres utilisées sont issues de l’agriculture biologique, sont produits sans l’utilisation de substances toxiques. Produire en s’engageant à ce que les conditions de travail soient décentes. Recycler des chutes de tissus non utilisés. Valoriser les matières et productions locales. Bref, il existe une multitude de manière de s’engager pour une mode plus éthique. Pour ne citer que quelques exemples, Veja a décidé de fabriquer ses chaussures au Brésil, pour être au plus près des sites de fabrication des matières premières et limiter les transports. Rive Droite, utilise des chutes de tissus pour fabriquer des sacs et autres accessoires en édition limité au Maroc.
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Quatrièmement : acheter des vêtements aux matières écologiques, fabriqués de manière éthique en France et imaginés par de jeunes marques françaises.

Acheter de cette manière est un petit peu mon objectif à long terme. J’utilise ce terme là, car dans mon cas, acheter écologique, éthique et français est compliqué à l’heure actuelle. Les vêtements fabriqués en respectant ces différents critères sont souvent coûteux, mais c’est selon moi à leur juste valeur. Je parle de made-in France parce que cela me tient à coeur, mais il est évident qu’il est aussi important de mettre en valeur de petites marques étrangères tout aussi engagées et fabriquant de manière similaire avec les ressources de leur propre pays. Il existe de plus en plus de petites marques françaises éthiques et responsables qui fabriquent en France à partir de matières premières françaises. Je pense notamment à Conouco (vêtements en lin français bio), l’Atelier Tuffery (jeans français éco-conçus à la main). Au delà de mettre en avis le commerce et l’économie française, c’est du commerce équitable de manière générale que je parle ici.

Il existe plein d’autres petites marques françaises (ou non) aux jolis valeurs et engagements. De plus en plus d’e-shops se lancent dans le référencement de ces e-shops là, cela vous intéresserait que je vous partage ces e-shops dans un prochain article de cette série “Mode éthique” ?

A dimanche prochain,

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*https://www.consoglobe.com/coton-equitable-nouvel-blanc-1528-cg?amp=1

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  • Reply
    Claire
    17 juin 2018 at 14 h 17 min

    Hello Marie,
    Cela faisait longtemps que j’attendais ton article sur ce sujet ! J’aimerais modifier en profondeur ma façon d’acheter des vêtements. Pour le moment je n’ai pas passé le cap, mais je me renseigne petit à petit..
    Ce dont j’ai peur, c’est notamment de commander un vêtement qui ne m’ira pas, et de ne pas pouvoir le renvoyer. Déjà je commande très rarement par le net, sauf s’il y a possibilité de renvoyer sans frais. De plus, ce n’est pas toujours facile de savoir quelle marque est vraiment « éthique ». J’aimerais pouvoir acheter des vêtements de marques qui prennent soin de leurs employés, même s’ils viennent d’un peu plus loin.
    Je me suis baladée au centre commercial cette semaine, et même si je trouvais des vêtements jolis, je ne pensais qu’à une chose : dans quelles conditions sont-ils fabriqués ? Je ne suis plus sentie à ma place dans ces magasins de fast fashion !
    Sinon je prépare une petite liste de marques dîtes éthiques, pour pouvoir fouiller un peu et voir ce qu’elles proposent.
    Merci pour cet article !
    Claire

  • Reply
    Gwen
    18 juin 2018 at 8 h 45 min

    J’aime beaucoup ton article et partage ton point d’en vue à propos des marques de fast fashion. C’est sur que ce n’est pas la meilleure solution mais elles ont le mérite d’exister. Puis, ces marques ont une influence énorme, donc si elles peuvent aider, rien qu’un peu, à sensibiliser les consommateurs, c’est déjà une avancée 😊

  • Reply
    lifestephy
    19 juin 2018 at 9 h 14 min

    Salut, je n’achète pas toujours mes vêtements sur des sites de marque française, cependant j’achète parfois des vêtements de seconde main.Ton article est complet.

  • Reply
    Laure | So67
    19 juin 2018 at 10 h 48 min

    J’aime beaucoup ton article, j’essaie de consommer plus éthique niveau penderie. J’achète de moins en moins en magasin, et beaucoup plus en seconde main (surtout avec la grossesse). Après je couds pas mal de mes hauts et j’achète pour cela du tissus labellisé « ecocert » au maximum.
    En tout cas tes articles sont toujours au top. Continue comme ça

    Laure

  • Reply
    Emeline
    19 juin 2018 at 13 h 37 min

    Super article qui présente de nombreuses options. Ma meilleure amie et moi aimons beaucoup aller dans les friperies où on trouve de véritables trésors. Une autre fille a un jour demandé où mon amie avait trouvé son manteau, celle-ci lui a répondu et l’autre fille était choquée et dégoutée. Beaucoup de gens ont encore du mal avec ce genre d’alternatives qui sont super pourtant…

  • Reply
    Nina
    19 juin 2018 at 13 h 46 min

    J’avais suivi avec attention ton 1er article sur la mode éthique et j’avais beaucoup aimé 🙂
    Merci pour tes astuces, je pense que la mode éthique est un vrai sujet dont il faudrait davantage parler. Bravo pour ta démarche !

  • Reply
    Little Pucette
    20 juin 2018 at 8 h 34 min

    J’aime beaucoup ce genre d’article que me met une claque de bon matin, et me pousse à agir mieux.

    J’avoue ne pas acheter souvent de vêtements, c’est assez rare. Mais quand j’y vais, je me tourne souvent vers les grandes enseignes, où les prix sont assez raisonnables. Mais tu as totalement raison, il est important de prendre conscience de ses actes, et de leurs conséquences.

    Je n’ai jamais pensé à la seconde main, ni pour moi, ni pour y proposer les vêtements que je ne mets plus. Mais pourquoi pas après tout ?

    Quand je lisais ton paragraphe sur les marques éthiques, je me demandais lesquelles, vu que je n’y connais absolument rien sur le sujet ! Donc oui, je suis totalement pour un article présentant ces e-shops 🙂

    Belle journée !

  • Reply
    Little No
    20 juin 2018 at 15 h 04 min

    Coucou Marie !
    Comme toi, j’ai avancé dans ma volonté d’acheter éthique le plus possible. J’ai commencé par surtout acheter chez Bonobo parce qu’ils font de vrais efforts d’un point de vue écologique notamment sur l’eau ; ensuite, j’ai débuté chez Ekyog (en soldes ^^’) et depuis plus d’un an, je n’achète rien de neuf, je ne prends que sur Vinted. Je vends et j’achète mais en y réfléchissant. J’essaye d’utiliser ma carte bleue de façon consciente alors je prends le temps, et je me demande si j’en ai vraiment besoin, si je n’ai pas déjà un produit similaire dans ma penderie etc.
    Si déjà, les consommateurs prenaient le temps de se demander si cet achat est nécessaire ou non, ça changerait bien la donne !

    Merci pour cet article,
    A bientôt,
    Little No’
    http://touchesdenvie.wordpress.com

  • Reply
    marie
    21 juin 2018 at 12 h 20 min

    Merci pour cet article très interessant. Ça serait top si tu pouvais en effet nous donner des exemple de marques. J’ai en effet acheté chez Bonobo Instinct, c’est déjà pas mal! Mais je cherche des vêtements de bonnes qualité et green. Merci!

  • Reply
    Meg
    21 juin 2018 at 12 h 37 min

    Sujet très intéressant. Je lisais le dernier numéro de Causette qui dressait un portrait d’une militante qui lutte pour de meilleures conditions de travail des ouvriers d’usines de textiles, qui sont sous-payés et travaillent dans des conditions dangereuses (souvenons-nous de l’effondrement du Rana Plaza). Cette militante disait que le consommateur a le pouvoir de changer les conditions de travail des ouvriers, pas en boycottant, mais bien en demandant des comptes précis aux grandes marques. Il y a tout un travail à faire évoluer positivement aussi bien la protection de la planète que la protection des humains qui travaillent 🙂

  • Reply
    Rosenoisettes
    21 juin 2018 at 15 h 54 min

    Hello !
    C’est marrant j’ai un article sur le même sujet de prévu sous peu 😉
    Comme toi j’essaie d’acheter d’occasion et si possible engagé également.

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